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Le microcrédit : pourquoi ? comment ?

L'association Don Boule de Neige a été créée pour promouvoir le microcrédit social auprès de populations très pauvres en Afrique, à Madagascar ou en Asie.

Le microcrédit peut être vu comme une alternative au système de crédit ordinaire tel qu'il est pratiqué par les banques.

Il s'en distingue à plusieurs titres : d'une part, parce qu'il met en jeu des sommes minimes (micro) ; d'autre part, parce qu'il ne repose pas sur un système de garantie ou de caution tel que l'exigent les banques. C'est en cela qu'il se présente comme une solution auprès des populations qui n'ont pas accès au système bancaire traditionnel.

La gestion d'un projet de microcrédit réclame cependant des compétences particulières et pose des questions spécifiques. Nous en avons recensé un certain nombre auxquelles nous essayons de répondre ci-dessous.

DBN - Mission Graines (Burkina Faso) - Remboursement mensuel d'un micro-prêt

Q – Le microcrédit n’a-t-il pas été victime d’un engouement médiatique préjudiciable ?

Bien sûr que si ! Souvenez-vous au début des années 2000, le monde découvre Muhammad Yunus, le banquier des pauvres, qui reçoit en 2006 le prix Nobel de la paix… Ça paraissait simple : il suffisait comme lui d’injecter un peu d’argent ! L’arme absolue en quelque sorte !

On a vite découvert que c’était bien plus compliqué. La réussite du micro-entrepreneur repose en effet sur quatre aspects :

  • une volonté d’entreprendre à toute épreuve, pas seulement une envie ou une mode ;
  • un projet qui tienne la route ;
  • un financement adapté en taux, durée et mode de remboursement ;
  • une structure auprès de l’emprunteur qui le forme et l’accompagne.

Quatre ingrédients en quelque sorte, sinon le gâteau ne lève pas ! Ajouter à cela, en garantie supplémentaire de réussite, la possible proposition d’une épargne et l’inscription à une mutuelle de santé.

Cependant beaucoup d’ONG qui se sont lancées suite à cet effet de mode l’ont appris à leurs dépens, aux dépens de leurs micro-emprunteurs et aux dépens — ne l’oublions pas — de leurs donateurs apporteurs de fonds.

Croyez-nous, il est plus facile de gérer un dispensaire qu’un organisme de microcrédit, et croyez-nous ce n’est pas facile de repérer une ONG attentive aux quatre points précédents… À DBN, nous visitons cinq ONG avant d’en trouver une répondant à nos critères précédents !

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Q – Vous n’allez pas me dire qu’un modeste prêt de 100 euros va changer la vie des gens ?

Le fait d’être reçu, d’être écouté lorsqu’on présente son projet accompagné de quelqu’un de sa famille, d’échanger, d’être invité à suivre des formations, de recevoir trois jours après un avis d’une commission… il faut voir les yeux des gens : ils existent ! Certaines ONG poussent la valorisation des emprunteurs au point de ne pas leur remettre d’argent lors de l’attribution du prêt mais un chèque au porteur pour qu’ils puissent se rendre fièrement à la banque !

Et puis soyez conscient qu’un prêt de 100 euros, c’est selon les pays l’équivalent d’un ou de deux mois de salaire pour ceux qui en touche un ! En France, cela représenterait donc de 1 000 à 2 000 euros, ce n’est pas rien !

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Q – D’accord, mais pourquoi vos correspondants, les ONG locales, pratiquent-elles des taux d’intérêt aussi élevés, préjudiciables pour les emprunteurs ?

Les ONG locales gèrent les microcrédits que permettent nos envois de fonds. Elles doivent, par les intérêts perçus, couvrir plusieurs choses :

  • Leurs frais de fonctionnement, particulièrement élevés, car elles gèrent un important volume de petites sommes (de 50 à 80 euros en moyenne pour un premier prêt), avec un suivi de remboursement hebdomadaire ou par quinzaine pour chaque ligne de crédit. En zone rurale, ces frais sont d’autant plus lourds que les déplacements pour rencontrer les emprunteurs sont conséquents tant ceux-ci sont éparpillés. De plus, le crédit est accordé in fine, mobilisant de ce fait plus longtemps le fonds de crédit de l’ONG.
  • Si vous voulez que les emprunteurs réussissent, vous devez leur assurer une formation préalable, une étude des projets et un accompagnement financier et souvent technique.
  • Nous sommes dans des régions où l’inflation varie entre 8 et 15 %. Vous devez en tenir compte via vos taux d’intérêt si vous souhaitez maintenir votre fonds de crédit et continuer d’accorder au fil du temps des prêts d’une valeur constante.
  • DBN ne peut faire face seul à la demande de fonds de crédit. Les ONG locales doivent partiellement emprunter et elles le font auprès des banques à des taux de 10 à 16 %, variant là aussi selon l’inflation du pays et leur solidité bancaire. Le remboursement de ces prêts est à intégrer dans leurs coûts.
  • Pour baisser leurs taux d'intérêt, les ONG locales que nous aidons pourraient augmenter le montant de leurs prêts et passer ainsi d'une moyenne de 120 euros à 800 ou 1 000 euros ; elles pourraient de plus demander, comme les banques, une garantie financière. Mais elles sortiraient alors de l’aide aux plus démunis et ce n’est pas ce que nous souhaitons.

Il faut enfin savoir que, dans chaque pays où nous intervenons, les taux d’intérêts pratiqués par les ONG sont plafonnés par les autorités financières.

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Q – Vous m’expliquez que ces taux sont nécessaires pour l’équilibre de gestion des ONG locales. Soit. Mais c’est onéreux pour l’emprunteur, non ?

Face à des taux de crédit élevés, les emprunteurs doivent s’assurer, avec leur ONG, de la rentabilité de leur activité. Et tel est bien le cas dans la réalité, puisque les micro-prêts sont remboursés à 95 % et renouvelés en moyenne 2,4 fois.

Notez qu’un contexte d’inflation est favorable à l’emprunteur : l’argent cher nourrit l’inflation, l’inflation nourrit les prix de vente et aide ainsi à rembourser.

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Q – Bon, mais DBN pourrait prendre en charge une partie des intérêts ?

Les taux d’intérêt perçus par nos ONG sont les taux du marché. Si nous prenons en charge tout ou partie des intérêts, nous retombons dans l’assistanat que nous ne voulons pas favoriser. Aujourd’hui nous constatons que ces taux ne posent pas en soi un problème aux emprunteurs. S’il devait en être autrement demain, nous aviserions.

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Q – Comment expliquer qu’en Inde l’usage du microcrédit a entraîné le suicide d’agriculteurs incapables de rembourser ?

Le métier d’agriculteur ou d’éleveur est un métier très risqué. Il est risqué parce que même si vous maîtrisez, comme dans un autre métier, les techniques qui lui sont propres, vous êtes tributaires des brutales variations des cours mondiaux, des épisodes climatiques, des maladies de votre culture ou de votre bétail. C’est pour cela que, même en France, cette profession est celle qui connaît le taux de suicide le plus élevé.

À cela s’ajoute un autre phénomène dans les pays comme l’Inde ou les pays d’Amérique du sud où près de 50 % de la population vit encore d’une agriculture peu productive. L’Inde connaît donc un exode rural inexorable comme nous l’avons connu en France au siècle dernier.

Enfin malheureusement, à grand renfort de démarchage, certaines banques ont alors proposé de pseudo-microcrédits, en imposant des montants de prêt élevés et la prise de garanties. Les agriculteurs en difficulté ont cru pouvoir s’en tirer en empruntant. Faute de pouvoir rembourser, ils se sont retrouvés expropriés et exclus de leurs fermes. Ce, à la vue de leurs collègues et de leurs familles, ce qui leur était insupportable !

Une ONG locale, à l’examen de la demande du micro-emprunteur, doit savoir dire non ! Tout le monde n’a pas les capacités suffisantes pour entreprendre.

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Q – Pas sûr que des micro-prêts de 80 euros puissent faire démarrer l’économie d’un pays ?

Les microcrédits permettent de financer des activités génératrices de revenus à un niveau certes artisanal.

Mais un premier microcrédit de 80 euros bien mené pourra être prolongé de plusieurs crédits successifs plus importants chaque fois.

Vous avez aussi un effet d’entraînement. Si plusieurs personnes sur un même village ou un même quartier bénéficient chacune d’un prêt, l’effet du microcrédit s'en trouve amplifié pour tout le monde.

Et DBN n’a jamais dit qu’un microcrédit était suffisant en soi. C’est un outil au service d’une volonté :

  • Il participe à l’éventuel démarrage économique d’un pays mais n'y suffit pas par lui-même… Une condition nécessaire mais non suffisante, dirait-on en mathématique !
  • Il faut encore que le pays soit apaisé pour que les personnes osent investir.
  • Il faut aussi que les infrastructures existent pour favoriser les échanges. Si les villageois que nous aidons habitent au bout d’une piste de 30 km dont les ponts ont été défoncés par des crues, l’envoi de maraîchage vers une grande ville sera compromis. Certes, l’économie du village tournera, mais elle tournera en cercle fermé.
  • Il faut enfin que la politique économique des gouvernements s'assure de la stabilité des prix des produits.

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Q – Je vous l’accorde, mais qu’est ce qui nous garantit que notre don sert bien là-bas compte tenu de la possible corruption ?

Nous nous engageons à ce que 100 % de votre don aillent aux actions.

Pour éviter des détournements lors des transferts, nous expédions vos dons via une plate-forme internationale de transfert et nous demandons un accusé de réception… Pas d’argent liquide de la main à la main !

Nous établissons une convention avec chaque ONG, nous auditons leurs comptes, nous les rencontrons tous les ans et nous sommes intraitables en cas de malversations.

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Q – Oui, mais les ONG qui servent de relais doivent bien faire face à des défauts de remboursement préjudiciables ?

Oui. 95,4 % de taux de remboursement, c’est donc aussi 4,6 % d’impayés.

C’est un très bon taux, aux dires des banquiers français.

Le taux obtenu lors des remboursements est notre premier critère de suivi des ONG. Si une ONG a un taux de remboursement de 80 %, cela signifie qu’au bout de trois prêts, 50 % de votre apport en fonds de crédit est consommé, alors qu’on peut engager jusqu’à 14 prêts si le taux de remboursement est de 95 %.

Malheureusement, dans les pays où nous intervenons, le taux de mortalité est élevé. Le décès est une des premières causes de non-remboursement des prêts. D’autant qu’il n’y a ni assurance décès ni caution solidaire.

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Q – Je veux bien mais ça ne veut pas dire que le microcrédit a toujours un effet économique positif pour l’emprunteur ?

Non. Pour 10 à 15 % des emprunteurs, le microcrédit n’a pas d’effet positif. L’effet peut même s'avérer négatif sur la durée du prêt.

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Q – Vous voyez bien que ce n’est pas l’Amérique !

Avant de remettre en cause le microcrédit, il faut inventorier les causes des difficultés et s’efforcer de les résoudre. Ce n’est pas l’outil qu’il faut rejeter mais les circonstances de son usage qu’il faut améliorer… Voici les principales causes de non-réussite :

  • En premier lieu, la maladie. Si l’un des enfants de la maman tombe brusquement malade, la maman va, pour le soigner, puiser dans la trésorerie de son activité et réduire ou compromettre irrémédiablement celle-ci. C’est pour cela que certaines ONG mettent en place des mutuelles de santé.
  • En second lieu, le vol de l’épargne ou la pression de membres de la famille voulant profiter de l’argent prêté. C’est pour cela que ces ONG proposent, en plus du prêt, la gestion de l’épargne et vont voir huit jours après l’attribution du prêt si celui-ci est bien utilisé selon ce qui était initialement prévu.
  • En troisième lieu, un mauvais choix d’activité. Par exemple, le facile achat avec un microcrédit d’une balle de vêtements d’occasion en provenance d’Europe. Si trop de personne s'engagent simultanément sur cette activité, les ventes seront insuffisantes. C’est pour cela que l’ONG doit avec l’emprunteur passer du temps à examiner la rentabilité du projet de l'emprunteur et à déconseiller certaines activités.
  • En quatrième lieu, en cas d’activité commerciale, un mauvais choix de lieu de vente. Pour surveiller plus facilement ses enfants, la maman peut vouloir vendre devant chez elle plutôt que sur le marché. Or, malheureusement, trop peu de clients passent devant chez elle. C’est pour cela que les ONG font une visite préalable à l’attribution du prêt.
  • En cinquième lieu enfin, les risques externes, comme la peste porcine. Les ONG qui, lors d’un premier prêt, doivent répondre à une demande de financement de trois porcelets, vont par exemple conseiller d’en acheter un seul et d’acheter par ailleurs des poulettes et des plans de pommes de terre pour répartir les risques.

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Q – Comment expliquez-vous que ce soit à 70-80 % des femmes qui empruntent ?

Il y a plusieurs catégories de femmes qui empruntent :

  • Les veuves, les femmes divorcées, les femmes répudiées, qui n’ont pas d’autre solution que d’exercer une petite activité pour se nourrir, elles et leurs enfants qu’elles élèvent seules.
  • Les femmes restées au village ou au bidonville, quand le mari est parti à la ville dans l’espoir de louer ses bras comme tâcheron. Ce dernier n’enverra généralement que de façon aléatoire une partie de sa solde.
  • Et il faut aussi ajouter que, devant faire face, les femmes de ces pays ont une mentalité d’entrepreneuses ?

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Et pour conclure…

Plutôt que d’employer le terme micro-crédit, ne devrait-on pas plutôt employer le terme plus positif de micro-prêt ? Après tout, nous ne faisons pas crédit, nous prêtons à des personnes… C’est autrement plus gratifiant !

Le microcrédit, c’est un formidable outil pour réduire l’insupportable migration économique :

  • d’abord, parce que, là-bas, il permet à des personnes de pouvoir vivre et travailler au pays ;
  • ensuite, parce que, en étant proposé à beaucoup de personnes, il entraîne une nécessaire élévation collective du niveau de vie, et il contribue à réduire progressivement l’écart entre les 100 € de revenu mensuel d’un Africain et les 1500 € de revenu d’un Européen.

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